La méthanisation territoriale selon ENGIE BiOZ

méthanisation territoriale

Réunir les acteurs locaux du territoire pour produire une énergie renouvelable locale est le premier objectif d’ENGIE BiOZ, producteur indépendant d’énergies renouvelables en France. Entretien avec ses deux fondateurs.

Comment définiriez-vous le modèle de “méthanisation territoriale” développé par ENGIE BiOZ ?

CLOTAIRE LEFORT (C.L.) : L’objectif d’ENGIE BiOZ est de mieux valoriser les matières organiques présentes sur un territoire, tout en produisant de l’énergie renouvelable. Plus qu’un concept technique, nous développons une approche qui consiste à nous adapter au territoire. Pas question d‘imposer un modèle! Le choix du lieu d’implantation est bien réfléchi de façon à valoriser la totalité de l’énergie produite sur les unités de méthanisation. Il est important que notre production de biomé- thane soit en adéquation avec la consomma- tion du territoire. En fait, il nous faut identifier des besoins en gaz par rapport aux substrats présents sur la zone concernée.

YOANN LEBLANC (Y.L.) : ENGIE BiOZ mène des projets en partenariats. Notre philosophie consiste à nous adapter aux acteurs déjà présents sur le territoire, qu’ils s’agissent des agriculteurs, des industriels ou des collectivités. C’est à nous de les convaincre et de trouver un modèle qui puisse leur apporter quelque chose et non l’inverse. Dans notre logique de développement, nous adaptons nos projets aux matières déjà présentes sur le territoire.

En quoi ce modèle tient-il compte des objectifs et des besoins des agriculteurs ?

C.L. : Les agriculteurs restent au premier plan des projets d’ENGIE BiOZ. Ils représentent la majorité des matières apportées sur nos unités de méthanisation. Nous visons un partenariat à long terme avec eux. Ils partagent avec nous cette vision sur la durée et c’est rassurant pour eux.

Y.L. : Chaque unité de méthanisation travaille avec un groupe de 10 à 80 producteurs ce qui prouve qu’ils y trouvent un réel intérêt. Cependant, les besoins des agriculteurs sont différents selon leurs productions et leurs régions. Que l’on soit en zone d’excédent structurel comme en Bretagne ou bien en zone de grandes cultures, ENGIE BiOZ doit s’adapter à leurs spécificités. Il existe aussi un enjeu “travail” : les agriculteurs peuvent réaliser une partie du transport et de l’épandage eux-mêmes ou bien choisir de confier ces tâches à des prestataires d’ENGIE BiOZ.

C.L. : Notre modèle allège l’agriculteur sur la partie retour au sol, car les centrales s’assurent du suivi du plan d’épandage. En Bretagne, nous proposons l’épandage “rendu racine”. L’épandage est réalisé par nos soins et nous organisons la répartition des volumes et des flux en concertation avec les exploitants agricoles.

Quelles sont la stratégie et les ambitions d’ENGIE BiOZ en matière de méthanisation ?

C.L. : Nous souhaitons devenir un acteur important de la filière méthanisation en France. L’ambition d’ENGIE BiOZ est de lancer 4 unités par an. Au fur et à mesure de notre développement, une véritable synergie va émerger et augmenter l’efficacité de l’exploitation des centrales. Efficacité qui aura un impact positif sur nos projets locaux.

Y.L. : Notre zone d’implantation se situe principalement sur le Nord-Ouest et dans le Centre de la France. Nous sommes attachés à travailler à l’échelle locale, c’est là notre vrai savoir-faire. Vendre des digesteurs à travers le monde n’est pas dans l’intérêt d’ENGIE BiOZ. Notre modèle trouve toute sa place et son sens lorsqu’il sert un territoire et apporte une valeur à ses acteurs.

Que souhaitez-vous dire aux agriculteurs qui se posent des questions sur les modèles de méthanisation ?

Y.L. : Notre modèle repose sur une confiance réciproque avec les agriculteurs. C’est une valeur essentielle à nos yeux. C’est pour cette raison que nous sommes très vigilants sur la qualité et le sérieux des partenariats établis avec eux. Par ailleurs, la collaboration que nous proposons doit leur apporter des avantages sur le long terme. La méthanisation territoriale n’est pas à mettre en concurrence ou en désaccord avec d’autres comme les unités à la ferme. Ces projets sont légitimes, car ils portent un sens économique et environnemental et que tous les agriculteurs peuvent être concernés.

C.L. : Méthanisation territoriale ou à la ferme : c’est aux producteurs de décider ! Les deux modèles coexistent, à chacun de faire son choix. La méthanisation territoriale apporte, à notre sens, une performance et l’assurance que la matière organique sera bien valorisée. Le modèle « à la ferme » est un projet de diversification possible pour certaines exploitations. Les agriculteurs doivent pouvoir faire leur choix en toute sérénité et dans le cadre d’un partenariat durable.

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A propos de LA MÉTHANISATION TERRITORIALE

La matière organique est collectée sur le secteur proche de l’unité́ et peut être d’origine agricole, industrielle ou en provenance des collectivités. Le processus naturel biologique de dégradation en absence d’oxygène produit un biogaz valorisé dans les réseaux de distribution ou de transport de gaz naturel. Le digestat produit est aussi valorisé et restitué localement au sol, en remplacement des fertilisants de synthèse.